Faut-il s’attendre à des tempêtes de neige en novembre?
Après un automne assez sec jusqu'ici, novembre devrait poursuivre la tendance, mais un phénomène inhabituel en haute altitude pourrait causer des surprises vers la fin du mois.
En bref :
Septembre et octobre ont enregistré un déficit de précipitations au Québec;
Un flux zonal inondant le Canada d’air doux du Pacifique devrait maintenir le calme jusqu'à la mi-novembre;
Un réchauffement stratosphérique pourrait affaiblir le vortex polaire et permettre des incursions d’air arctique avec du temps plus perturbé en 2e moitié de mois;
MétéoMédia prévoit moins de neige que la normale, mais une tempête surprise pourrait changer la donne.
Un début de mois calme, loin de l'an dernier
Septembre et octobre ont été marqués par un déficit de précipitations par rapport à la normale au Québec. Le début de novembre devrait poursuivre la tendance.

Pour ceux et celles qui se souviennent de l’hiver dernier qui était parti sur les chapeaux de roues en novembre pour ne plus nous quitter pendant de longs mois, ce n’est vraiment pas ce que nos météorologues prévoient (fiou!).
D'ici la mi-novembre, la circulation atmosphérique favorisera un flux zonal, c’est-à-dire linéaire, permettant à l'air doux du Pacifique d’inonder le pays d’ouest en est. Ce sont les grands contrastes thermiques qui alimentent les systèmes costauds, et leur absence sera donc défavorable à leur formation.

Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de pluie ou de neige du tout. De petits systèmes devraient faire leur chemin vers nous et laisser des précipitations.
Une carte cachée en deuxième moitié de mois
La situation pourrait toutefois basculer avec un nouveau joueur qui fait irruption et qui suscite beaucoup de discussions chez les météorologues : un réchauffement stratosphérique soudain qui pourrait se produire dans les prochains jours, selon certains modèles météorologiques, et venir affaiblir le vortex polaire beaucoup plus tôt qu’à l’habitude.
Rappelons que le vortex polaire est cette vaste zone de basse pression qui renferme l’air le plus froid de l’hémisphère au-dessus du pôle Nord. Il est maintenu en place par de forts vents en haute altitude, mais quand ceux-ci faiblissent (perturbés par un réchauffement stratosphérique soudain, par exemple), il peut se scinder en deux ou glisser plus au sud vers nos latitudes.

On parle ici du vortex polaire dans la stratosphère, c’est-à-dire à plus de 10 kilomètres au-dessus de nos têtes. Ses effets se font ressentir avec deux à quatre semaines de retard au sol, ce qui nous amène en deuxième moitié de mois.
« Ça a tendance à favoriser les descentes d'air froid, mais c'est vrai pour tout l'hémisphère nord, donc ça ne garantit pas qu'elles vont descendre directement sur nous, au Québec, explique le météorologue Kevin Cloutier. C'est ce qui reste à déterminer. »
La recette pour de grosses tempêtes hivernales?
Si ce phénomène amène plus de froid vers l'est du pays, le Québec pourrait se retrouver dans une configuration atmosphérique où l’on observe des contrastes de masses d'air entre le froid au nord et la douceur au sud, la recette parfaite pour générer des tempêtes.

Il demeure beaucoup d’incertitudes à cet égard et c’est pourquoi nos météorologues maintiennent que le mois devrait se terminer sous les normales pour ce qui est des quantités de précipitations, et notamment de neige.
Au total en novembre, selon nos prévisionnistes, le Québec devrait recevoir moins de neige que la moyenne, qui est de 15 cm à Montréal, 27 cm à Québec et 43 cm à Val-d'Or. Dans l’est, Gaspé devrait voir autant de neige qu’à l’habitude, soit autour de 34 cm. Il faudra toutefois suivre nos prévisions, car une seule tempête costaude pourrait tout changer.

Avec la collaboration de Kevin Cloutier, météorologue.