
Les 15 bons élèves du panier d’épicerie. Vous connaissez les Clean Fifteen?
Et me revoilà avec mes histoires de résidus de pesticides! Après les 12 salopards (Dirty Dozen), place aux 15 bons élèves du panier d’épicerie : les Clean Fifteen.
Une liste qui pourrait vous réconcilier avec la corne d’abondance sans vous faire avaler votre facture d’épicerie de travers!
À l’inverse des Dirty Dozen, la liste des Clean Fifteen (que l’on pourrait traduire par les 15 plus propres) est également mise à jour annuellement, par le ‘‘Environmental Working Group’’.
La liste couronne les fruits et légumes qui contiennent le moins de résidus de pesticides selon les données analysées aux États-Unis.
Est-ce qu’on devrait les encenser et acheter uniquement bio?
Voici ce qu’en pense, à nouveau, Mathieu Valcke, conseiller scientifique en toxicologie à l’Institut national de la santé publique du Québec.
« Acheter bio est un choix personnel qui favorise des pratiques agricoles moins dommageables pour l'environnement et moins néfastes pour les travailleurs qui nous nourrissent. » - Mathieu Valcke
QUAND LE PORTEFEUILLE PARLE
Tout d’abord, le but n’est pas de vous convaincre d'acheter bio ou que le bio est meilleur ou encore que le conventionnel est nécessairement mauvais.
Quand le prix du panier d’épicerie grimpe, on est d’accord, chaque dollar compte.
« Acheter bio, dans certains cas, coûte plus cher. Il ne faudrait pas que le choix d’acheter bio se traduise par une baisse de la consommation de fruits et légumes. Sinon le bénéfice obtenu serait annulé par le fait d’en manger moins. » - Mathieu Valcke
On a beau vouloir réduire son exposition aux résidus de pesticides, l'idée est de faire des choix qui tiennent compte de notre budget, de nos habitudes et de ce qu’on aime manger. Parce que le plaisir se trouve là également!
Bref, mieux vaut manger suffisamment de fruits et légumes conventionnels que d’en manger moins parce que le bio coûte trop cher.
LES 15 ALLIÉS DE NOTRE PANIER D’ÉPICERIE
Parmi les aliments qui figurent sur la liste des Clean Fifteen, on retrouve notamment l’ananas, le maïs sucré, l’avocat, l’oignon, le chou, le chou-fleur, la mangue, la banane, la carotte, les champignons et le kiwi.
Attention toutefois : moins de résidus ne signifie pas zéro pesticide.
La liste ne permet pas non plus de séparer les aliments dits « maudits » des aliments dits « sécuritaires ».
Elle sert plutôt de guide pour nous aider à faire des choix et des compromis intelligents.
« Pas besoin de suivre la liste religieusement. Elle est une indication pour ceux et celles qui souhaitent diminuer leurs expositions aux différents résidus de pesticides. » - Mathieu Valcke
À VOIR ÉGALEMENT : Votre panier d’épicerie est-il rempli de pesticides?
EST-CE QUE LA PEAU CHANGE LA DONNE?
Une banane et une pomme ne se mangent pas du tout de la même façon.
Si vous avez déjà croqué dans une pelure de banane, vous vous souvenez à quel point la sensation est désagréable.
On retire la pelure de la première et on mange celle de la seconde.
Est-ce que cela devrait influencer nos choix à l’épicerie? Pas si vite!
La présence de résidus dépend de plusieurs facteurs. La pelure peut jouer un rôle, mais elle ne suffit pas à elle seule pour déterminer la place d’un aliment dans une liste comme la Clean Fifteen.
« Il y a certains pesticides qui sont appliqués à diverses étapes de la croissance du fruit ou du légume. Lors de son développement, certains résidus de pesticides peuvent se retrouver dans la chair et à la fin de la croissance, des résidus peuvent se retrouver sur la pelure. Ça dépend de l’usage et des ravageurs visés. » - Mathieu Valcke
Le bon réflexe demeure de bien laver ses fruits et légumes à l’eau courante avant de les manger. Pas besoin de savon ni de produits nettoyants spéciaux. Juste de l’eau.
FERMIER DE FAMILLE
Acheter local est une belle façon d’encourager les producteurs d’ici, comme via le réseau Fermier de Famille qui permet de découvrir les fermes à proximité de votre maison et de soutenir l’agriculture locale.
Cela ne signifie pas automatiquement que les aliments sont biologiques ou qu’ils contiennent moins de résidus de pesticides.
Au marché, rien ne vous empêche de poser des questions aux producteurs sur leurs pratiques agricoles : utilisez-vous des pesticides? Lesquels? À quelle fréquence? Ces échanges peuvent vous aider à mieux comprendre comment les aliments sont cultivés.
Certains producteurs peuvent aussi adopter des pratiques inspirées de l’agriculture biologique sans détenir de certification.
Pour savoir exactement ce qu’ils font, le mieux est d’en parler avec eux.
LE MEILLEUR TRUC
Manger varié et manger suffisamment de fruits et légumes est la clé.
Le panier parfait n’existe pas. On peut acheter bio quand le budget le permet, privilégier les produits locaux si possible, varier les aliments et bien les laver avant de les manger.
La liste des Clean Fifteen reste un outil parmi d’autres pour nous aider à faire des choix éclairés, sans transformer chaque visite à l’épicerie en enquête scientifique!
Bonne épicerie!
